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Li tans nouveaus Cet enregistrement propose un répertoire de chansons dont la poésie et la musique sont l'oeuvre de troubadours et de trouvères qui vécurent en la France des XIIe et XIIIe siècles. Ce répertoire représente les premiers témoignages écrits de chansons en langue vernaculaire au Moyen Âge. Le troubadour (trobador), le trouvère (troveor) est celui qui trouve, qui invente, qui compose la musique (son) et les mots (motz). Le troubadour est le premier à se manifester; il est (tout comme le trouvère) tour à tour poète, musicien, chanteur et compositeur. Il écrit en langue d'oc ou vieil occitan. On le retrouve déjà à la fin du XIe siècle dans les cours du sud de la France. Il est assurément en contact avec de la poésie de haut niveau. Issu de diverses classes sociales : la noblesse, le clergé, les grandes familles marchandes, il peut être chevalier ou même originaire d'un milieu humble. Certains sont de grands voyageurs, ils accompagnent les croisés qui se rendent en Orient libérer la terre sainte, d'autres visiteront diverses cours d'Europe, notamment les cours d'Espagne, d'Italie et de Hongrie. Près de quarante manuscrits contiennent les poèmes des troubadours, mais principalement deux nous transmettent la musique. La moitié de ces documents nous proviennent d'Italie, terre d'échange et d'exil pour les troubadours. Ces manuscrits ne représentent malheureusement qu'une fraction de l'oeuvre de ces grands poètes–musiciens. Nous perdons leur trace à partir du XIVe siècle. L'art des troubadours est à son apogée quand au Nord vers la fin du XIIe siècle résonnent pour la première fois les mots et les sons des trouvères. Ces derniers imitent de façon certaine la poésie et la musique des troubadours, mais ils ont aussi leurs formes propres et caractéristiques qui ne supposent aucune imitation. Les manuscrits des trouvères nous sont parvenus en bien plus grand nombre que ceux de leurs comparses du sud. Non seulement la musique y accompagne-t-elle presque toujours les textes en langue d'oïl (vieux français), mais encore nous y retrouvons la même musique pour différents poèmes et vice versa. Les trouvères disparaissent au cours du XIVe siècle. Ces deux civilisations musicales ont pris contact de différentes façons. Il n'est pas facile de mettre le doigt sur des raisons précises qui ont favorisé leur contact. Toutefois, l'on sait qu'Éléonore d'Aquitaine était entourée d'artistes et de troubadours à sa cour de Poitiers. Les deux filles d'Éléonore, Marie et Aelis, mariées, l'une à Henri 1er de Champagne, l'autre à Thibaut de Blois, ont sûrement inspiré l'amour de la poésie courtoise à la société qui les entouraient et ont protégé quelques trouvères à leur cour en plus d'accueillir les troubadours de passage. L'estampie apparaît comme l'un des premiers témoignages de musique de danse exécutée par les instruments au Moyen Âge. L'étymologie de ce terme est obscure. Plusieurs hypothèses nous sont proposées : le mot latin stampare, qui désigne le mouvement du pied qui marque le temps fort d'une danse; le verbe estampir (ancien provençal), qui signifie retentir, résonner; et le mot germanique stamph ou stampon, qui décrit le bruit du pilon dans le mortier. Que d'imagination ! D'après un théoricien du début du XIVe siècle, l'estampie comportait plusieurs parties (punctum). Une partie est une phrase mélodique plus ou moins longue faite de mouvements ascendants et descendants qui se marient de façon harmonieuse. Chaque partie est reprise, se terminant la première fois par l'ouvert (overt, apertum) et la seconde fois par le clos (clausum, chiuso). Le clos et l'ouvert ont des terminaisons mélodiques différentes. Seize estampies sont parvenus jusqu'à nous : huit d'un manuscrit
français de la fin du XIIIe siècle et huit d'un
manuscrit italien de la fin du XIVe siècle. Dans cet
enregistrement, les estampies royales sont associées au
répertoire des trouvères, par leur nom, leur style et
le manuscrit qui les contient. (Certains éléments de
graphie nous laissent deviner une localisation possible au nord de la
France.) Et, bien que les danses et estampies qui proviennent de
manuscrits italiens soient plus tardives que le répertoire des
troubadours, leur caractère et leur beauté mélodique
se marient très bien au répertoire de ces derniers.
E
Marot, par cortoisie je te prie, ©Guy Ross
Kiya Tabassian, sétar |
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