Pt. Dhruba Ghosh

Sarangi, chant

Dhruba Ghosh ©DP

Enfant de Mumbai, Dhruba Ghosh porte l’héritage de ses maîtres : son père, percussionniste et pédagogue renommé, Pandit Nikhil Ghosh; son grand oncle le flûtiste Pannalal Ghosh, ayant suivi l’enseignement de Ustad Allauddin Khan de la gharana (école) Maihar; Pandit Dinkar Kaikini, chanteur et compositeur; ou encore le célèbre maestro Ustad Khan Sagiruddin empruntant au style légendaire Bundu Khan de Delhi. Au fil d’une enfance baignée de musique, il lui est donné de côtoyer les plus grands : Ustad Ahmedjan Thirakwa (tabla), Ustad Amir Khan (chant), Pandit Ravi Shankar (sitar), Ustad Ali Akbar Khan (sarod) ou encore Pandit Nikhil Banerjee (sitar).

Formé dans un premier temps au chant et au tabla par son père, il devient le disciple de Ustad Khan Sagiruddin (sarangi), ayant lui-même reçu son savoir de Ustad Bundu Khan de la gharana de Delhi. Plus tard, c’est auprès du chanteur vétéran de la gharana d’Agra, Pandit Dinkar Kaikini qu’il apprend.

C’est d’abord pour ses performances mémorables que Dhruba Ghosh a été consacré parmi les plus talentueux représentants de sa génération, mais c’est aussi parce qu’il a participé à la transformation du sarangi, la vièle de l’Inde du Nord reconnue comme «l’instrument aux cent couleurs ». Sa maîtrise des ragas, son génie créatif, ses coups d’éclat virtuoses, ses partis pris de composition et la définition de ses récitals, et surtout, sa fine compréhension de l’idiome traditionnel lui permettent de tisser de nouvelles techniques, adoptées par le milieu. Il a favorisé l’ascension du sarangi au rang des instruments solistes, là où il servait traditionnellement le chant.

En 1974, Dhruba commence à voyager, de l’Extrême Orient à l’Europe en passant l’Océanie, pour accompagner son père. Plus tard, il collabore avec de grands chanteurs tels Ustad Salamat Ali Khan, Ustad Ghulam Mustapha Khan, Ustad Munawwar Ali Khan, Pandit Dinkar Kaikini, Smt. Shobha Gurtu, Smt Girija Devi et de nombreux autres. Le violoncelliste Mstislav Rostropovitch le salue au sortir de l’un de ses concerts à Mumbai en 1988. L’année suivante, dans le cadre du festival de Bhopal, il est unanimement acclamé par une centaine d’autres musiciens. En 1991, il entame ses tournées solo et projets collaboratifs avec des musiciens du monde entier.

Il participe à la fondation d’un orchestre à cordes « du monde », mobilisant les instruments traditionnels à archet, du Japon à l’Ouzbékistan, de la Corée à l’Inde. Les musiciens classiques occidentaux le connaissent bien : Philippe Pierlot (viole de gambe), Jean-Paul Dessy (violoncelle), François Deppe (violoncelle), Justin Pearson (violoncelle), Yamashita (Jazz – Piano). Mais également les artistes labellisés « musiques du monde » : le tablaïste Trilok Gurtu ou encore le techno Compositeur Robert Miles. Parmi les Japonais et Orientaux avec lesquels il est associé : le saxophoniste Kazutoki Umezu, le violoniste Aska Kaneko, le chanteur pop OEB, le batteur Kiyohiko Senba, le maître de shamisen Hidetari Honjo, l’Ouzbek Gidjak Khashimojon Ismailov ou encore la Coréenne Kang Eun-il’s Haegumplus.

Et désormais, l’ensemble Constantinople…