Né en 1976 à Téhéran, Iran.

À 14 ans, Kiya Tabassian émigre avec sa famille au Québec, emmenant avec lui quelques années de formation en musique savante persane et un début de carrière sur la scène musicale iranienne. Déterminé à devenir musicien, compositeur et plus largement passeur de mémoire, il poursuit sa formation en musique persane en qualité d’autodidacte et rencontre autant que possible Reza Gassemi et Kayhan Kalhor. Il étudie parallèlement la composition musicale au Conservatoire de musique de Montréal avec Gilles Tremblay et Michel Gonneville.

En 1998, il cofonde Constantinople avec l’idée de développer un ensemble de création musicale puisant dans l’héritage du Moyen-Âge et de la Renaissance, de l’Europe, de la Méditerranée et du Moyen-Orient. Il en assume depuis la direction artistique et a développé près d’une quarantaine de programmes avec son ensemble qui ne cesse d’éblouir le public à travers le monde.

Kiya s’est produit sur les scènes du monde entier et a contribué à maints projets éclectiques en tant que compositeur, interprète et improvisateur. Citons par exemple sa collaboration régulière avec la Société Radio-Canada depuis 1996; sa participation active de 2002 à 2005 au projet international MediMuses comme membre du groupe de recherche sur l’histoire et le répertoire de la musique de la Méditerranée et comme contributeur à plusieurs projets d’édition et de disque; ses interventions depuis 2009 dans l’ensemble Atlas (Pays-Bas) et son apport à l’Atlas Academy en tant que tuteur, double projet visant le rapprochement de la musique contemporaine et des traditions orales.

De nombreuses formations musicales et institutions ont fait appel à ses talents de compositeur, dont l’Orchestre symphonique de Montréal, le Nouvel Ensemble Moderne et l’Union Européenne de Radio-Télévision. Il a également écrit pour des films documentaires et de fiction tels Jabaroot et Voices of the Unheard.

Depuis l’été 2017, il agit comme Artiste associé du prestigieux festival Rencontres musicales de Conques (anciennement Festival de musique Conques, la Lumière du Roman) où il a présenté plusieurs créations récentes avec Constantinople au fil des ans.

Kiya a été membre du Conseil des arts de Montréal pendant sept ans, dont président du comité décisionnel musique pour trois ans, et fait actuellement partie du Conseil d’administration du Conseil des arts et des lettres du Québec. Il a également été mandaté par le Conseil québécois de la musique pour mettre sur pied un comité de réflexion sur le rôle des musiques du monde dans le domaine des musiques de concert. Son désir d’implication et d’engagement vis-à-vis du milieu musical et de la société québécoise l’a aussi amené à cofonder le Centre des musiciens du monde à Montréal en 2017, projet dont il assure la direction artistique.

Depuis de nombreuses années maintenant, l’ensemble de son travail est soutenu par le Conseil des arts de Montréal, le Conseil des arts et des lettres du Québec ainsi que le Conseil des arts du Canada.

Instrument

Le sétar, littéralement « trois cordes », tire son origine du tanbouré Khorassan, luth pré-islamique. Au début du XXe siècle, le Soufi Mushtaq Ali Shah ajoute une quatrième corde à l’instrument qui comprend 25 frettes mobiles en boyau, organisés en microtons selon le système musical persan. Les cordes sont frappées à l’aide de l’ongle de l’index (nakhon) par un mouvement d’aller-retour (râst va tchap), offrant des combinaisons variées. Le sétar de Kiya a été conçu par le regretté maître luthier Eshqi dans les années 1950.

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