Qu’est-ce que le grand poète et mystique Rumi, né en 1207, peut encore nous enseigner en 2019 ? L’être humain contemporain évolue dans une société profondément différente de celle de jadis, et nous faisons désormais face à des enjeux radicalement plus sombres vis-à-vis de notre avenir. Quelle est donc la pertinence de se pencher sur des propos témoignant d’une vision du monde il y a huit siècles ?    

Djalaleddine Rumi (1207-1273), de par son œuvre de plus de 100,000 vers, nous a laissé un trésor immuable qui reflète une conception du monde raffinée et lumineuse. Plonger dans son univers et sillonner ses textes est une porte d’entrée vers une pensée plus profonde et une spiritualité universelle. Il est une source intemporelle de passion, mais aussi un guide qui élève l’esprit, telle la lumière qui a toujours attiré et fait croître les plantes.     

Depuis mon enfance, je lis les vers de Rumi en persan, et m’y perds et m’y retrouve régulièrement, toujours avec beaucoup d’émotion. Ses poèmes, de par leur profondeur, leur raffinement linguistique, leur rythme et leur fougue contagieuse m’ont très souvent inspiré, et cela fait de nombreuses années que je les mets en musique. Mais le projet Sur les traces de Rumi a pris une forme plus définitive suite à ma rencontre avec l’artiste et chanteuse Ghalia Benali, dont l’art, capable de transformer chaque instant en un état d’émerveillement et chaque note en une histoire fascinante, m’a profondément touché. J’ai senti en elle la voix idéale pour chanter de tels poèmes, et l’impulsion nécessaire pour réunir cet ensemble de virtuoses qui transmettra en musique toute la charge symbolique de l’œuvre de Rumi.

Ghalia et moi avons sélectionné un certain nombre de poèmes, à la fois en persan, mais aussi en langue arabe. Car Rumi a vécu quelques années de sa jeunesse à Damas où il a étudié avec le maître Ibn Arabi, et nous trouvons ainsi dans ses recueils des poèmes d’emblée écrits en arabe. Ceux-ci sont beaucoup moins connus et n’ont presque jamais été chantés ; c’est pourquoi nous avons opté pour les mettre en valeur. Rumi a d’ailleurs toujours refusé de se faire étiqueter et d’être associé à une nation précise, disant qu’il n’était ni d’Orient, ni d’Occident. 

Entouré d’un ensemble d’instrumentistes exceptionnels, voici une soirée de musique à la fois profonde et spontanée, suivant les traces de Rumi.

Kiya Tabassian, directeur artistique

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Ce concert a été créé grâce à une subvention de Coproduction du Conseil des arts du Canada, impliquant le festival Al Balad Music en Jordanie.

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